Politique énergétique et verdissement du parc automobile : l’Unaf auditionnée à l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi de finances
L’Unaf, représentée par Dominique Le Bail, administrateur de l’Unaf et Valentine de La Morinerie, Chargée de mission Environnement-Développement durable, a été auditionnée le 3 octobre 2024 par la Commission du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire de l’Assemblée nationale sur le programme 174 Energie-Climat du futur projet de loi de finances, non encore connu. L’Unaf a affirmé sa volonté de permettre à toutes les familles, petites, moyennes, grandes, quelles que soient leurs ressources, de participer à la transition écologique et redit l’urgence de les aider à réduire leurs dépenses d’énergie et a proposé des voies d’amélioration.
L’Unaf a été auditionnée le 3 octobre 2024 par la Commission du Développement Durable et de l’Aménagement du territoire de l’Assemblée nationale sur le programme 174 Energie-Climat du futur projet de loi de finances (non connu pour 2025 à la date de l’entretien). Claire Lejeune, députée de La France Insoumise, dirigeait les échanges. Ils portaient sur la politique publique de rénovation énergétique des bâtiments, de lutte contre la précarité énergétique d’une part, et sur le verdissement du parc automobile d’autre part.
L’Unaf était représentée par Dominique Le Bail, administrateur de l’Unaf et Valentine de La Morinerie, Chargée de mission Environnement-Développement durable.
L’Unaf a affirmé sa volonté de permettre à toutes les familles, petites, moyennes, grandes, quelles que soient leurs ressources, de participer à la transition écologique et redit l’urgence de les aider à réduire leurs dépenses d’énergie.
L’Unaf a proposé des voies d’amélioration en termes de justice, de lisibilité et de réalisme et des politiques publiques de transition énergétique.
Des politiques plus justes
Pour améliorer l’acceptabilité des mesures contraignantes de transition énergétique, l’Unaf estime que la contribution des familles doit être juste : les familles modestes sont les moins émettrices de CO2. On ne peut leur appliquer des taxes, notamment environnementales, sans qu’une juste compensation soit attribuée.
Des politiques plus lisibles
En amont :
Les nombreux changements dans les dispositifs, comme par exemple en matière d’aides financières à la rénovation énergétique comme Ma Prim’Renov’ ou l’attribution du chèque énergie, créent de la confusion dans l’esprit des familles.
L’Unaf a cité :
- Les ratés du dispositif Chèque énergie 2024 qui, en raison du risque déjà avéré de non-recours, va laisser de côté de très nombreux bénéficiaires potentiels.
- Les modifications des priorités du dispositif Ma Prim’Renov’, la rénovation globale en 2023, puis rénovation par « geste » en 2024, et le manque de clarté sur le reste à charge. Le tout a dissuadé de nombreuses familles à s’engager dans la rénovation énergétique. Ce manque de confiance est en grande partie responsable du nombre trop réduit de rénovations énergétiques.
En aval :
Pour améliorer l’acceptabilité du coût de la transition énergétique, l’Unaf estime indispensable de communiquer régulièrement, auprès de la population et auprès de chaque famille des progrès réalisés pour les encourager à les poursuivre : baisse des émissions de CO2, amélioration de la qualité de l’air extérieur, baisse du niveau des consommations d’énergie, gains énergétiques liés à des gestes de rénovation énergétique, ….
Des politiques plus réalistes
- En matière de consommation d’énergie dans le logement, l’Unaf réclame depuis plus de 3 ans maintenant :
– le relèvement à 450 € du montant moyen annuel du chèque énergie car aujourd’hui le montant moyen du chèque énergie est de 150€ par mois : il peine à couvrir 10% du coût annuel des consommations d’énergie. Or, les personnes qui reçoivent ce chèque sont des personnes très modestes.
– l’extension de l’attribution de cette aide aux familles modestes.
Dans le domaine de la rénovation énergétique, l’Unaf a formulé deux demandes principales :
- Les barèmes de MaPrim’Renov prévoient un niveau élevé de prise en charge financière pour les familles les plus modestes. Mais cela ne leur permet toutefois pas nécessairement de s’engager dans des travaux : l’ajout de quelques dizaines d’Euros de dépenses mensuelles, par exemple en raison du remboursement d’un PTZ dédié, peut les faire basculer dans de très grandes difficultés financières alors qu’elles peinent à financer les dépenses du quotidien.
L’Unaf a rappelé que les familles sont des consommateurs sobres par nécessité, qui contiennent au maximum leurs dépenses, car elles ont de nombreux budgets contraints liés à leur responsabilité parentale : se loger, se nourrir, se soigner, et éduquer.
- La rénovation énergétique est perçue à maints égards comme un parcours du combattant. Pour que davantage de logements soient rénovés, aucune famille ne doit être seule dans son parcours de travaux : il est indispensable de les accompagner de la conception du projet à la réception des travaux et des aides.
Si le gouvernement veut réellement encourager la transition énergétique, ce sont toutes les familles, quel que soit leur niveau de ressources, qui doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement, pour surmonter leur manque de confiance dans le dispositif.
Concernant la politique publique de verdissement du parc automobile et les aides à l’acquisition d’un véhicule neuf non polluant, l’Unaf a rappelé plusieurs éléments :
- 9 achats de véhicules de tourisme sur 10 concernent des voitures d’occasion. L’Unaf s’est déclarée favorable au leasing social de voitures électriques à 150 € et a regretté que seule la moitié des 50.000 demandes aient pu être satisfaites, le dispositif ayant été brutalement arrêté par le gouvernement. Elle a également rappelé que, sans aides financières dédiées, l’achat des véhicules électriques neufs est inaccessible pour la plupart des familles.
- L’acquisition de véhicule familial pour transporter une famille de plus de 3 enfants est rendue très difficile par le dispositif du malus automobile : il s’agit d’une taxe applicable sur les émissions de CO2 des véhicules thermiques. Elle est très pénalisante pour les familles nombreuses : son montant peut être équivalent au prix d’achat du véhicule neuf, auquel il s’ajoute, et, en cas d’achat d’occasion, il est répercuté sur l’acheteur de modèles de seconde main.
Malgré les dégrèvements pour enfants à charge, les parents de familles nombreuses doivent néanmoins en acquitter une partie, à laquelle s’ajoute le malus répercuté par le premier acheteur.
L’Unaf a rappelé que transporter au moins 6 personnes dans une unique voiture était plus vertueux sur le plan écologique que de les répartir sur plusieurs véhicules : en effet, faire durer un équipement a moins d’impact environnemental que de le détruire, de le recycler, puis de construire un ou plusieurs équipements neufs pour le remplacer.
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